Basta aux mots mâles !
Il y a deux mois nous lançions notre Brique dans cette grande mare patriarcale. Il a fallu de longues discussions pour tenter de trouver un juste milieu d’écriture là où il n’y en a peut-être pas. Partant de questionnements, tant sur le fond que sur la forme des textes, La Brique est consciente que le langage – particulièrement dans les médias – est l’un des véhicules du pouvoir. On ne peut continuer à prétendre que le masculin, genre supposé neutre, rend aussi bien compte des femmes que des hommes. Le sexisme dont sont empreints langage et langue en usage fait prévaloir le masculin sur le féminin. Ainsi, comment doit-on rendre visible à l’écrit les femmes au sein d’un groupe humain composé des deux sexes, donc mixte ? La langue est fixée dans les dicos et les gramR mais elle n’est pas statique. Elle n’est qu’un ensemble de règles qui évoluent pour marquer des nouvelles réalités et des changements sociaux et politiques ayant trait à la représentation de soi et à l’identité sociale.
Une brique politique, pas monolithique. Même sans hiérarchie statutaire dans notre fonctionnement, nous ne pouvons nous prétendre totalement libres de tout rapport de domination. Représenter les femmes autant que les hommes est un positionnement politique. La Brique tentera de donner une place égale au genre féminin en recherchant des mots, des solutions « génériques » qui mettent en valeur les deux sexes. Mais la Brique essaie ne pas être monolithique. Au lieu d’abuser de « (e) » ou « -e- », nous préférons doubler les mots désignant des groupes de personnes ; par exemple : « les habitantes et habitants ». Et on fera des oublis ou des erreurs, car on reste des mecs et des nanas dans toutes leurs individualités, avec leur priorité, leur choix et leurs avis. A prêt tout, on est là pour informer. Surtout, la place du féminisme et des luttes de libération des femmes ressortiront dans nos choix d’enquêtes et notre “ligne” éditoriale.
Le collectif de rédaction

