La plus grande école... pour apprendre à tuer
Garde à vous
L es armes et les armées auraient vu le jour en même temps que les premières sociétés, voire chez les primates [1]. Notre première partie, dans ce numéro, développera l’essence même de ces activités. Une arme, comme une armée, sert d’un dictionnaire ou d’une langue à l’autre toujours à la même chose : chasser, attaquer, défendre. La polémologie (science de la guerre, née en 1945) n’a dès lors pas dû rencontrer beaucoup plus de difficultés pour décrire des conflits tels l’Irlande du Nord ou le Darfour, que n’en eut Jules César pour la Guerre des Gaules [cf. encadré Petits jalons historiques de l’armement]. Cependant, l’ère « démocratique » de ces sociétés et de leurs armes a tout de même vu une évolution. Pour autant, peut-on l’appeler « progrès » ? [cf. prochain n° “Rappel à l’ordre pour la Science”]
Y a t-il, aujourd’hui, des limites à la guerre ? Les ministères ne s’appellent plus « de la guerre », mais « de la défense ». On n’enseigne officiellement non plus l’organisation du meurtre des populations, mais « l’esprit de défense » et le « maintien de la paix ». L’art « militaire » s’est confondu juqsu’après le 11 Septembre 2001 avec son petit frère, l’art « humanitaire », dont l’objectif était la contrainte de l’ennemi tout en faisant « zéro mort » (chez soi !), et notre chère armée de conscription ainsi que son « service » militaire sont devenus, de 1996 à 2002, une armée « de métier » bardée d’une journée de redressage militaro-civque, « Journée d’Appel et de Préparation à la Défense » (JAPD).*
Aussi, dès l’école, puis dans la pub des rues, à chaque rentrée scolaire, jusqu’ à présent à la télé, le soir, que peut-on entendre aujourd’hui chaque fois que l’armée parle à la population entière, que dit-elle quand tout simplement elle tente d’ouvrir sa gueule ? Aussi, dans notre prochain numéro, on verra dans notre seconde partie jusqu’où retrouver les limites de ce discours, ses relais, et ses objectifs. Quelle est la vraie teneur d’un lien « Nation-Défense » ? Qu’est-ce que cherche à nous « dire » la grande muette ? "BOUM", comme d’habitude ?
A La Brique, on lui a tendu nos deux oreilles... et malgré la baffe, on ne peut plus s’empêcher de rigoler.
S.L
Notes
[1] Jill Pruetz & Paco Bertolani, in Science et Vie n° 1076, p. 36, mai 2007

