Le boom des casinos en France. Lille n’y échappe pas, Aubry inaugure le casino provisoire en novembre...
En...quête d’info
Le virus du jeu s’installe à Lille. Les jeux de hasard et d’argent font de plus en plus d’adeptes. Le développement des casinos, une des activités les plus néfastes de ce secteur, est en grande partie responsable de cette augmentation. La déréglementation a permis de multiplier ces établissements et la ville de Lille va en « profiter ».
Entre 1960 et 1980, de nombreux établissements ferment, les autres sont en dépôt de bilan. En 1969, on ne comptabilise plus que 155 casinos, en 1985 ce chiffre tombe à 135. Mais en 1987, Pasqua décide d’autoriser les machines à sous (MAS) dans les casinos, et Chabant Delmas étend leur installation dans les villes de plus de 500 000 habitant-e-s « à statut touristique » (dont Lille bénéficiera). S’ils étaient auparavant réservés à une clientèle aisée, l’arrivée des MAS va totalement changer la donne. En grande majorité, ce sont les populations les plus défavorisées qui y jouent, et les casinos réalisent désormais 95 % de leur business sur ces machines.
Des casinos vaches à lait
Dans les années 90 et 2000, les chiffres d’affaires explosent et ces temples du jeu d’argent poussent comme des champignons : on repasse à 160 casinos en 1999, 176 en 2000 et 197 en 2005. Le produit brut des jeux de l’ensemble des casinos est passé de 109 millions d’euros en 1986 à plus de 2,6 milliards en 2005. Le « retour sur capitaux » ferait pâlir d’envie n’importe quel industriel : une MAS coûte environ 7600 euros à l’achat et peut rapporter jusqu’à 100 000 euros par an. Quant à la fréquentation des casinos, elle passe de 3 millions de personnes en 1980 à 65 millions en 2000. L’Etat et les communes s’arrogent une bonne partie du gâteau, car obligation est faite au casinotier de reverser de fortes royalties. L’Etat empoche environ 800 000 millions d’euros par an, et certaines communes financent jusqu’à 20 % de leur budget grâce à l’apport des casinos (1). Cette frénésie pour les casinos ne semble pas ralentir, bien au contraire. Depuis 2002, Bordeaux et Le Havre (UMP), ou Lyon (PS) ont obtenu leur casino. D’autres sont en projet à Nantes, Anglet et dans quatre petites villes touristiques. Récemment, c’est Lens qui s’est ajouté à cette liste. Grâce à l’annexe du Louvre qui ouvrira ses portes en 2009, la ville espère obtenir le fameux sésame « ville touristique ». Le maire socialiste Guy Delcourt projette donc déjà d’installer un casino... sur le parking du stade Félix Bollaert !

A Lille, pas le temps de dire ouf qu’il est déjà là
Aubry et Desseigne-le-pote-à-Sarkozy2, main dans la main pour l’inauguration du casino provisoire de Lille : c’est prévu pour début novembre. Merci la mairie. Nous avions tellement d’argent à perdre, on ne pouvait attendre l’ouverture du grand casino (2009). Et pour former du personnel apte à vider nos bourses jusqu’au dernier sou, une école de croupiers a ouvert ses portes. Le casino va donc créer de l’emploi. Génial ! Et ce n’est pas tout : grâce aux futurs centaines de machines à sous, la mairie investira l’argent récolté dans le social, elle l’a dit. Un aggrandissement du CCAS3 en 2009 pour accueillir les drogués du jeu dépouillés ? Avec le Rapido en salle d’attente ?
1 : La mairie de Lille touchera 15 millions par an, soit 14 % de son budget. 2 : M.Desseigne est le patron du groupe Barrière, qui va construire et gérer le casino de Lille. Il est proche de Sarkozy. 3 : Centre Communal d’Action Sociale NB : Plus d’infos dans l’enquête sur les casinos, « La$-vega$ sur Deûle », Brique n°1. S.G
En bref...
L’école des maîtres du jeu
Afin de sélectionner les meilleurs croupiers, ceux et celles capables d’engloutir trois RMI à la minute, c’est la mission locale qui a été chargée du recrutement. Examen sur CV d’abord : 100 personnes retenues. Puis test à l’écrit, 45 survivants. Enfin test à l’oral : 16 survivors, soit quatorze croupiers de luxe et deux “opérateurs -vidéos” chargés de télésurveiller clients et personnel. Ouaaahh !

