Leurre de concertation à Bois-Blancs
Mai Juin 2008
Les élu.es ne souhaitent évidemment pas lâcher un centimètre de leur pré carré de la décision publique (ça, c’est dit !). Par contre ils s’évertuent à oeuvrer à leur image factice d’hommes et femmes de proximité et à l’écoute. Et leur besace de communicants fourmille de judicieux outils. Exemple au quartier de Bois Blancs à Lille.

Avec l’arrivée d’Euratechnologies, c’est un pôle d’excellence dédié aux technologies de l’information et de la communication qui se construit avenue de Bretagne à Bois Blancs. Le quartier doit faire place nette pour accueillir tous ceux qui viendront travailler et vivre dans ce quartier. Comme pour tout projet de modernisation et de restructuration, on concerte. Ici, il faut comprendre qu’un projet clé en main et non négociable d’abattage de la moitié des arbres de la rue doit permettre aux voitures de se garer de façon longitudinale. Elles étaient en épi jusqu’alors. Pour les riverains, cela signifie : moins de places pour se garer et moins de verdure. Revenons en juillet 2003.
Pétitionner n’est pas participer
Une pétition signée par une soixantaine d’habitantes et clients des commerces de la rue est déposée auprès de la mairie de quartier. Les pétitionnnaires demandent à ce qu’une simple ligne blanche soit tracée sur le trottoir pour inciter les automobilistes à ne pas empiéter sur l’espace piéton. Les arguments avancés sont les suivants : coût très faible, nombre de places de parking identique, emmerdements liés à de longues semaines de travaux de voirie réduits à néant, et conservation des gentils arbres. Mais cette pétition reste lettre morte. A la mobilisation collective et à la proposition des habitant-e-s Walid Hanna, président du conseil de quartier, et Marc Santré, délégué vert à la voirie, préfèrent concerter ! Ou comment réaliser une pirouette par cette « alternative à la mode d’une pseudo-concertation qui prétend faire le bonheur des hommes malgré eux en leur imposant des solutions déjà décidées », rétorquera Bruno Laffort, habitant de l’avenue de Bretagne.
Une concertation, les arbres en moins
Deux réunions publiques présenteront très brièvement, début 2008, les projets décidés. Face au simulacre de participation, réduit au stade de la seule information, les habitant-e-s tenteront en vain de s’organiser pour créer un rapport de force, seul moyen encore aujourd’hui pour espérer changer le cours des politiques d’aménagement. Mais leur action collective échouera et aujourd’hui les habitants n’ont plus qu’à constater les dégâts. Vingt six arbres sont tombés au prétexte qu’ils étaient malades (info absolument invérifiable) et les travaux de voirie n’ont pas fini de déranger tout ce petit monde. Courage, fuyons ces réunions de concertation !
tomjo

